Qeryn's revival

29 janvier 2012

Alors, 2011, ça a donné quoi?

Et voilà. 2012, déjà. J'avais envie de faire un petit bilan de 2011, surtout des belles découvertes que j'y ai faites. Je pourrais également faire un palmarès des plus grosses déceptions, mais je n'ai pas - n'ai plus - envie d'être négative.

Alors c'est parti.

1. Catégorie vidéo-ludique

Quatre jeux vidéo ont particulièrement retenu mon attention cette année. La plupart date de 2010 ... *ahem*

A/ 9 Hours, 9 Persons, 9 Doors (Nintendo DS - 2010)

  Ce jeu, développé par ChunSoft (Dragon Quest, Pokémon : Donjon Mystère), est un jeu d'énigmes façon point&click. Une sorte d'équivalent moderne d'un Indiana Jones : la dernière croisade, mais dans un univers tout à fait différent. Vous incarnez Junpei, étudiant qui vient de se faire enlever et se réveille à bord d'un bateau en train de sombrer. Il n'est cependant pas seul ; 8 autres personnes ont été enlevées et séquestrées dans ce même bateau. Le malfaiteur, Zéro, vous annonce que le bateau sombrera d'ici 9 heures et que pour vous échapper, il vous faut vous plier aux règles d'un jeu : le "nonary game" et trouver la porte marquée d'un 9.

Pour avancer dans le jeu, vous devrez faire équipe avec les autres personnes. Chaque personne ayant un bracelet d'un nombre différent, chaque porte ne pouvant laisser passer que 3 à 5 personnes, et seulement les personnes dont la somme des bracelets correspond au nombre de la porte pouvant passer, vous le devinerez : les tensions apparaissent vite. Bien vite.

Car si vous ne trouvez pas la sortie dans les temps, une petite bombe placée dans votre estomac explosera.
Chaque salle abrite des énigmes qu'il vous faut résoudre afin de passer à la salle suivante, puis à la porte suivante ...

 

Qu'est-ce que ce jeu, en apparence déjà vu et revu, apporte de nouveau?

Premièrement, un univers. L'histoire derrière l'enlèvement n'a rien à voir avec un Professeur Layton. Il est bien plus mature (18+), bien plus sérieux, et bien plus flippant, flirtant avec la science-fiction et le psychologique plus d'une fois. Les personnages sont bien fouillés. La musique n'est pas très variée mais rend une atmosphère absolument extraordinaire. Il y a énormément de texte, et les dialogues sont très bien écrits, c'est un jeu très littéraire - au grand dam de certains, mais cela m'a personnellement beaucoup plu.

Deuxièmement, votre implication. Car, effectivement,  c'est un jeu dans lequel chacun de vos choix, même à propos de petites réponses anodines, aura des conséquences sur le déroulement de votre aventure. Bon, c'est aussi relativement courant maintenant. Mais c'est tellement bien fait! D'autre part les puzzles sont eux aussi plutôt intéressants et demanderont des capacités de réflexion, d'assemblage, de calcul,ou d'abstraction qui pourraient vous faire passer des nuits blanches entières. (Bien que la plupart restent assez simples) Explorer, combiner, réfléchir, recommencer ... 

Troisièmement, la durée de vie. Elle est longue, extrèmement longue. D'autant plus que l'aventure, même après avoir été achevée avec succès sur la console, ne manquera pas de vous rester dans la tête. 

Et pourquoi aussi longue? Pour une raison toute simple : vous ne pouvez pas finir le jeu du premier coup. Et non seulement ça, mais vous aurez besoin de toutes les fins différentes pour comprendre et dénouer l'histoire. Ne vous y méprenez pas : l'histoire est tellement bien menée, que juste au moment où vous penserez commencer à comprendre, tout va s'accélérer et s'embrouiller. Et si les puzzles sont rodés au bout d'un moment, les relations entre les personnages sont tellement variées d'un chemin à l'autre que vous irez de surprise en surprise.

Pas de succès tordus, pas de portail de défis, pas de "New Game +" : Simplement, le concept en lui-même est tellement énorme que l'on recommence le jeu avec plaisir, et même avec anticipation et nervosité! Un des points forts de ce jeu est donc sa capacité à se renouveler et faire évoluer une histoire qui tient toujours plus le joueur en haleine.


B/ Ghost Trick (Nintendo DS - 2010)

Ghost Trick ("Tours de fantôme") était très attendu. Il faut quand même dire que l'équipe de développement étant celle de Phoenix Wright, on ne savait pas à quoi s'attendre, sauf à quelque chose d'exceptionnel. On n'a pas été déçus.

Le scénario est relativement simple : vous vous réveillez et découvrez que vous venez d'être tué. Une jeune fille est sur le point de se faire tuer sous vos yeux. C'est alors qu'une lampe de bureau (?) vous explique que vous possédez un pouvoir spécial : le "pouvoir des morts" qui vous permettent d'effectuer les "tours de fantôme". Ces tours vous permettent de prendre possession des objets, les manipuler, mais, plus important, de remonter 4 minutes avant la mort de quelqu'un qui est décédé depuis moins d'une journée, afin de changer le cours des évènements. Ne pouvant pas le faire sur vous-même (ce serait trop simple), vous partez à la recherche de votre passé. Pourquoi avez-vous été tué? Par qui? 

Le temps presse. Vous n'avez qu'une nuit pour résoudre ce mystère, car à l'aube, votre pouvoir aura disparu et vous serez, cette fois, définitivement mort.


Un scénario relativement simple, mais bien ficelé, mené avec brio jusqu'à la fin, des personnages au design novateur entre le mange et le cartoon et au caractère à la limite de la caricature (on retrouve un peu le style Phoenix Wright) et surtout, des dialogues bourrés d'humour, une bande son caractéristique et une action elle aussi très prenante. La limite de temps (et là, nous sommes dans du temps chronométré) donne au timing entre les différentes actions une place primordiale. Le gameplay est très bien adapté à la DS, avec une utilisation simple et fiable du stylet et des boutons, pour se déplacer parmi les objets. Là encore, pas de sidequests, pas de difficultés nombreuses, pas de farming ou de skill monstrueux nécessaire pour profiter du potentiel de ce jeu. On regrettera la durée de vie un peu courte mais qui ne laisse du coup pas de place à l'ennui, à la répétitivité. Encore un vrai jeu avec une vraie fin, pas un truc ouvert "to be continued" qui laissent présager un Ghost Trick 2. Ce serait ridicule. Un peu de simplicité, que diable! C'est un vrai bonheur.

 

Tout comme 999, c'est un jeu que j'ai refait plusieurs fois, juste pour le plaisir de revivre les personnages et l'aventure. :)

 

C/ Heavy Rain (Playstation 3, 2010)

 Le studio Quantic Dream (créateur de Farenheit) a frappé fort avec cette licence unique en son genre. Ultra réaliste, tant dans les graphismes que dans la manière d'intéragir dans le jeu avec les personnes, les objets ou les environnements, C'est un jeu immersif où vous incarnerez quatre personnages différents qui se croiseront, si le destin le permet (oui, ils peuvent tous mourir aussi, si vous faites les mauvaises décisions) afin de résoudre une question primordiale : Peut-on sauver le jeune Shaun Mars, séquestré par le tueur aux origamis?

La richesse du gameplay et celle du scénario sont indescriptibles. La façon dont vous tournerez le stick, dont vous pencherez la manette, les questions que vous poserez, ou les réponses que vous proposerez, l'ordre dans lequel vous prendrez des objets, et votre rapidité d'action et précisions (quelque QTE demandent un skill plus élevé que dans les autres jeux précédemment évoqués) tout cela déterminera les réponses que vous obtiendrez et la fin de l'histoire.

Par exemple, pour ouvrir une porte, il faudra tourner le stick puis l'abaisser, pour faire des virages au volant d'une voiture, se pencher vers la gauche ou vers la droite. La clarté de l'écran, la précision des actions dépendra de l'état de santé du personnage, sa fatigue physique, sa nervosité (dans des cas extrèmes, les possibilité qui s'affichent à l'écran tressautent et s'embrouillent, rendant le choix encore plus difficile à faire) ... Ce sont de petits détails qui ajoutent à la réalisation presque américaine de ce studio français.

Contrairement à 999, vous pouvez finir le jeu avec la meilleure fin possible dès la première fois. Ceci n'ira pas sans essuyer de nombreuses sueurs froides, recommencer certaines scènes plusieurs fois pour être sûr de ne rien rater, etc. 

Ce jeu (18+) est immersif dans l'action, c'est un temps réel qui maintient en haleine car tout dépend de vous. L'histoire est entre le policier et le thriller, et même si l'intrigue est moins développée que dans 999 les choix dans les ramifications sont très réalistes et fouillés.

D/ Dance Central et DC 2 (Xbox360, 2010-2011)


Strictement rien à voir avec tous les jeux sus-cités, mais Dance Central est peut-être bien une des seules grandes réussites sur Kinect, et la première vraie révolution dans le monde des jeux de danse. Parce que : 1/ Elle capte les mouvements du corps entier grâce à la Kinect, là où Just Dance ne capte que la main et encore, via la Wiimote avec l'imprécision que cela entraîne. 
2/ Elle offre des niveaux de difficulté, ce qui est bien plus réaliste et permet de s'essayer à de nouvelles chorégraphies avec des mouvements simplifiés, sans ôter le plaisir donc de jouer.
3/ Malgré sa tracklist axée R&B - Dancehall - funk, qui ne correspond pas du tout au genre de musiques que j'écoute d'ordinaire, les chorégraphies sont bien plus professionnelles que dans Just Dance, avec des noms de mouvements rigolos qui aident à comprendre ce que l'on doit faire. Associer à une chanson pourrie à une choré sympa aide à aimer, cela va sans dire :)

 Il y a également de petits modes amusants, comme "sans les fiches d'aides" ou le mode "on décompose", utile quand on essaie d'apprendre une chorégraphie car elle permet de voir les mouvements, un par un, à son rythme, avec possibilité de ralentir. C'est, malgré ses imperfections, le système d'apprentissage de danse le plus proche d'un cours pour un jeu vidéo!

Dans ce jeu, on n'a pas le choix : pour que ça marche, il faut se donner à fond! Et même si les personnages sont absolument à claquer, si on n'a pas de quinzième degré (ce qui est mon cas), on a au moins l'impression d'être jugé sur ce que l'on fait réellement, et non pas un coup de bol. Beaucoup de joueurs de Just Dance connaissent cette frustration, où les gens arrivent à faire plus de points juste en gigotant un poignet que ceux qui essaient de faire la danse correctement. Après, il est certain que Just Dance est bien plus abordable surtout pour des gens en famille, car les chansons sont assez consensuelles et les "chorégraphies" plus drôles et simples. Mais pour les danseurs qui ne veulent pas se contenter de bougeailler leur poignet et veulent apprendre de vrais mouvements de danse, je ne saurais que trop conseiller ces deux jeux qui apporteront du challenge et de la dépense physique.

Avantage de DC2 : il est désormais possible de jouer à deux simultanément, alors que le premier ne proposait qu'un mode "Battle", l'un après l'autre. La playlist s'efforce également d'être "tout public" en incluant plus de titres type "dance". Il est aussi possible d'importer, moyennant "quelques" Microsoft Points, les titres de Dance Central 1. Cela permet de ne pas avoir à changer de CD à chaque fois qu'on voit varier les titres, mais aussi de jouer à 2 simultanément sur les chansons du 1.

 

2. Les autres choses :

En vrac, le 25è anniversaire de Sonic. Non pas pour la semi-réussite qu'est Sonic Generations, mais pour toute l'avalanche de goodies qu'elle a déclenché. SEGA a marqué le coup pour ce 25è anniversaire et franchement, nous, les fans, avons été franchement gâtés tout au long de l'année. J'ai pu réaliser des rêves de gosse comme, avoir des T shirt Sonic, des figurines Sonic, un pyjama Sonic, un bonnet sonic, etc. Sans compter la réédition sur le XBLA de Sonic CD, j'ai hâte d'y jouer.

Sur le plan personnel, je vois enfin ma mère heureuse comme jamais elle ne l'a été en 25 ans. Moi-même, j'ai pris des décisions très importantes sur le plan personnel, et cela inclut changer de carrière et affronter le monde. Non pas en sceller les conflits mais arriver à ne faire qu'un avec lui. 2011 m'a apporté les réponses et la force dont j'avais besoin pour me prendre en main, et travailler à réaliser mes rêves. 2012 va être la réalisation concrète de cette prise de conscience. Mon couple aussi, je ne l'envisage plus de la même manière, en grande partie parce que j'ai enfin réussi à dissoudre totalement mon passé. 2011 a servi à cela. 2009 a été la chute aux enfers, 2010 a été la recherche de moi-même, incluant de nombreux égarements, 2011 a été l'année de la consolidation de mon moi, et 2012 sera celle de la réalisation de celle que je veux être. Libération des dernières grosses chaînes qui m'emprisonnent à la souffrance.

Si je ne devais citer qu'un livre qui a marqué 2011, c'est le livre d'Elif Shafak, "Soufi mon Amour" qui est juste magnifique. A la fois un roman d'espérance et un conte historique permettant d'aller aux racines d'un courant de pensée religieux méconnu : le soufisme. Je ne suis pas religieuse, mais j'aime ce courant. Parce qu'il prône l'amour, en pensée, en acte, en art, en danse, et parce que l'amour de tout être est là où je veux arriver, quel que soit le temps que cela prendra. Je vous le conseille vivement.

 

Voilà, en attendant de nouvelles découvertes, je vous souhaite à toutes et à tous une merveilleuse nouvelle année 2012. Qu'elle vous apporte l'occasion de remporter de nouveaux défis, de vous connaître un peu mieux, et de progresser vers votre Être comme jamais. :)

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21 décembre 2011

La lutte.

L'éternelle, la sempiternelle lutte contre la ritournelle des jours d'enfant, des jours heureux, ou ceux qu'on croyait heureux soient dit en passant.

Son nom sur une photo, un rêve détourné, et je replonge. Je replonge moins certes, mais un peu. Ces souvenirs ne me laissent point indifférents, et cela ne me laisse pas indifférente que je n'y sois pas indifférente. ahem ...

Magnétisée par mon passé, chaussures de plomb, ciel d'étain, nuages d'été. J'ai envie de me rappeler ce qu'on était. J'ai des souvenirs qui remontent, chez lui, pourquoi? Pourquoi est-ce que tout cela veut absolument refaire surface maintenant, encore, après deux ans? 

 

Malgré tout, je crois quand même que c'est possible, d'être en paix avec son passé. Une marche par une marche, rien de plus simple, dans la théorie. Rien de plus difficile, dans les faits. Je l'ai aimé. Il m'a rejeté. Et maintenant, c'est toi que j'aime, de nouveau, plus que tout.

 

Et personne d'autre.

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12 décembre 2011

Plus grande que la mer

Je suis plus grande que la mer
Qui contient les petits poissons
Les dauphins, les embarcadères,
Les rares coraux, le plancton.
Plus houleuse, plus colérique
Que les ruisseux et les rivières,
D'un calme presque chimérique
Quand me prend l'envie de me taire
Et contempler la grande Vie,
La façon dont ils tournent en rond,
Requins qui mangent les petits,
Coquillages, bulles de savon.

Je suis plus grande que la mer
Je suis plus grande que la terre
Je suis pouvoir et éphémère
Vole quand le monde s'enterre
Je désire être libre
Quand vous me désirez,
A peine vibre
Quand vous frappez,
M'évapore
Ecume d'or
Couchant
Fuyant
Un
Point
pêle
mêle

 

Au fond de l'abysse repose mon insondable mystère ...

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27 novembre 2011

Quand le monde bascule

Ce soir, quelques moments à tuer et de monstrueuses courbatures dans le dos. Je suis seule, pour une fois. Seule, et pour la première fois depuis longtemps, dans le calme. J’ai envie de faire tellement de choses … et en même temps envie de rien. Mon corps me trahit, me résiste, hurle son désaccord à coups de contractures musculaires. Je suis en tension, c’est indéniable. Pourquoi ne pas prendre soin de moi, pour une fois ? Pourquoi pas, après tout ? Alors je me mets à faire des étirements. J’ai une chorégraphie à apprendre, de la musique, beaucoup de choses qui me paraissent urgentes, mais s’il y a une chose que j’ai appris de ma vie, c’est que je ne peux pas tout faire en même temps, au risque d’y laisser ma santé mentale et physique. Alors tant pis, tout cela attendra un moment plus convenant.

Je commence à m’étirer, doucement. Quelque chose manque ici. Une présence et une absence. La salle est à la fois trop pleine de vide et trop vide d’un plein, d’une matière noire étouffante. Je suffoque, je bascule, je baisse la lumière qui me fait mal aux yeux, je m’arrête devant cette étagère. J’ai comme une intuition. Relaxation, relaxation … Ce terme me dit quelque chose. Ma main se tend vers un CD. Il s’agit de « Voices ».

Les trois premières s’appellent Voices, Echoes et Come to Me. Tout un programme. Ce CD a été écouté en boucle dans mon enfance, et m’appelle à une image très précise : mon père assis sur le fauteuil de la salle à manger, ou dans son bain, avec cette musique,  le casque sur les oreilles ou pas, les yeux fermés, nuque renversée, les mains jointes entre ses cuisses. Il s’évade. Et nous avec. C’était sa musique de détente. Je presse le bouton lecture.

Les ondes se fraient un chemin jusqu’à mes oreilles, de mes oreilles jusqu’à mon cerveau, activent les neurones, ravivent la mémoire. Effrayant, apaisant souvenir. Je respire. Ma nuque se délie, Je minimise les mouvements pour juste penser à moi, me faire du bien, pas faire des exercices pour aller mieux. Profiter. Et le monde bascule juste à ce moment, le moment où le corps se relâche, la lumière baisse, la bougie brille et je commence à percevoir son odeur.

Le monde bascule, un chemin de paix s’ouvre devant moi. Je continue mes mouvements, mais cette fois la raison est toute différente. Je veux comprendre mon père, je veux le retrouver, je veux retrouver cette paix qu’il cherchait si souvent, qu’il trouvait sûrement quelque fois. Il fut un temps où la souffrance et la haine égrenaient nos chemins. Je sais qu’une part de mes souffrances est intimement liée aux siennes. Parce que lui non plus n’a pas pu se réaliser. Son âme a toujours été incomprise et surtout par lui-même. A-t-il seulement su s’aimer ? Ai-je, jusqu’ici, complètement réussi à m’accepter ? Il ne me semble guère. Pas tout le temps. Mais parfois, une lumière brille dans le noir. Et là, je vois mon père. Non pas dans la souffrance de sa dépression, sa dépendance, ses blessures psychologiques. Non.

Je vois mon père, beau, fort, allant toujours de l’avant, prenant la vie avec légèreté et humour, avec  créativité que je ne cherche désormais plus à renier. Je suis la fille de mon père, il n’en fait aucun doute. Je vois le père, aimant envers ses enfants.  Les deux chansons suivantes s’appellent P.S. et Ask The Mountains. La nuit est sombre dehors, les loups hurlent à la lune. Je marche sous les étoiles, les étoiles de mon enfance, dans cette sombre forêt. Un ciel de lucioles, de dauphins phosphorescents accrochés au plafond, de roses séchées, de couette à fleurs. Une cabane sous un bureau drapé. Une famille, une solitude, une ingénuité. Un bonheur insouciant et inquiet à la fois. Et je demande aux montagnes où mon père est parti ; le vent répond qu’il est heureux là où il est.

Notes de piano, je ne veux plus tourner mes bras vers l’arrière, non, je fais des cercles en avant, je nage, nage de plus en plus vite, devant, droit devant, je veux aller de l’avant.

Là où mon destin m’attend. Là où il serait fier que je sois enfin. Mon papa. Celui que j’ai perdu à 12 ans. Quand la dépendance, la maladie a pris le dessus. J’ai un jour eu un papa. Je n’oublierai pas.

Prelude, prélude à une nouvelle vie. Losing Sleep, dans le froid, dans sa tête.  Messages. Mais, sur un air de lever de soleil, je respire encore à la fin. C’est là que je sais que je veux aller là-bas. Avec lui. A la fin du CD.

La dernière chanson est « Dream in an open place ».

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14 novembre 2011

Eteins la lumière...

Ne laisse plus rien nous éclairer.

La nuit est déjà là, qui te porte jusqu'à moi.

Ne rallume pas, ne coupe pas ce moment. Regarde, regarde cette ombre devant toi, tu ne devines que les contours des bâtiments au dehors, ceux des meubles dedans, et ma silhouette se fond dans la pénombre, mais tu sais ...

Au fond de toi, tu sais. Cette silhouette n'est pas la même, elle n'absorbe pas toujours la lumière. Elle brûle, parfois, d'un feu sacré, un feu magique et pétillant. Comme aujourd'hui.

Parfois, elle aimerait que tu ne laisses pas ce feu s'éteindre ... En as-tu seulement envie? Envie d'en prendre soin?

Et si tu ne le fais pas, doit-elle le faire? 

Peut-elle seulement le faire seule? Ou est-ce que ce feu est juste ... étouffé depuis trop longtemps ...

 

Tends la main. Elle t'attend, à moitié cachée. Elle t'attend, le coeur au bord des lèvres, le corps au bord du gouffre, l'âme écartelée. Ce n'est pas comme ça qu'elle voudrait sa vie. Mais elle ne sait pas, elle ne sait pas, que faire d'autre que se remettre à toi.

Je ne sais pas, que faire d'autre que me remettre à toi. Alors ôte tes préjugés, ôte ce collier qui te retient en laisse, initie-toi, initie-moi, comme au premier jour, ôte tes vêtements. Viens me chercher. Viens prendre soin de moi. Essaie de me comprendre, de prendre le temps, de me trouver.


Deux corps, dans la pénombre inquiète du soir. 
Le silence.

Une lumière qui s'allume ... 

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02 novembre 2011

Au pays des miroirs

medium_magritte femme miroir

(Liaisons dangeureuses, René Magritte - 1936)
 

Je me cherche, tu te cherches, tu me trouves, je te  trouve.


Mais au final, savons-nous encore, savons-nous déjà qui nous sommes, hormis une part de l'autre?

Il me faut encore chercher, dans le labyrinthe des miroirs, la pièce qui me manque. Moi.


C'est ce qui s'appelle briser la glace.

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(Eyes Wide Shut
, Stanley Kubrick - 1999)

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29 septembre 2011

Un véritable amour ne s'efface pas

Chose assez amusante, ma petite soeur m'a demandé de résumer ma vie en 7 chansons sur facebook.

Et dans ma vie, il y a des périodes de doutes, d'incertitudes, de douleur, d'espoir, d'amour.

Dans ce tas de merde et de merveilles, il y a un joyau que j'enfouis consciemment. Sa lumière est trop aveuglante pour que je puisse le regarder trop longtemps, même si avec le temps, j'arrive à le regarder avec un sourire. Mais pas cette fois.

C'est la seule chanson de Kokia que je ne peux réécouter sans avoir le coeur serré. Ce qui ne m'empêche pas de regarder mon présent avec gratitude et affection. Mais, mais.

Un véritable amour, aussi ancien soit-il, aussi sentimental et coupé des réalités soit-il, un véritable amour ne s'efface pas.
La pluie, le son de Chopin, et ce moment sont gravés dans mon coeur, avec lui, à tout jamais. 

 

Une chanson magnifique au demeurant ...

 

Posté par Pinku Usaghi à 11:37 - - Commentaires [1] - Rétroliens [0]
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24 août 2011

Clic ... Clic ... Clic ...

Déclic.

 

L'acceptance frappe aussi fort que le rayon aveuglant du soleil qui se couche. Nous avons attendu ce moment toute la journée, et en une seconde, le jour devient la nuit. C'est tellement insensé, cette façon qu'ont les choses de passer à toute vitesse devant nous, en un éclair. Nous n'avons même pas le temps d'observer la façon dont les choses changent que déjà, le stade supérieur est passé, et déjà, nous le vivons. Mystère de la vie, un de plus. Je suppose que je n'ai pas de regrets à avoir, et juste à profiter de ce changement maintes fois espéré, durant des mois, des années.

Je crois que je puis enfin affirmer avec certitude que j'ai tourné la page. J'ai la tête qui en tourne, tellement j'ai attendu ce moment de toutes les fibres de mon être. C'est beau. Je sais que cette euphorie retombera, mais en attendant, je profite. Cela fait tellement de bien de se sentir vivante. :) De pouvoir ouvrir de nouveau mon coeur aux personnes que j'aime. De pouvoir dialoguer de nouveau avec mon passé sans larmes, sans regrets, sans douleur, sans violence. De pouvoir me dire, simplement, que je ne me sens plus dédoublée, que j'accepte celle que j'ai été (et perdue) et celle que je suis (et gagné).

 

Je n'attends désormais plus qu'une chose ... 

Alors, cette chanson de Peter Gabriel, elle est fidèle à mon humeur du moment. Par la profondeur de son expression. Par la joie mêlée d'attente, par l'espérance suppliante (même si cela peut paraître antinomique). Par les paroles, les si belles paroles de Peter Gabriel. Cet homme est un Dieu de la musique sur Terre, il est fait pour ça, il aura aidé des générations entières dans la vie, en mettant ses mots en musique.

(Et ne me redites jamais qu'être un artiste est moins bien considéré qu'être dans le social parce qu'au moins dans le social tu aides ton prochain. Il n'y a rien de plus faux. L'art, c'est ce qui permet à l'Homme d'aider ses prochains, dans le proche et le lointain, à la fois dans les actes et dans les mots, sans pourtant y être tout à fait. L'art altruiste, s'entend. Débat qui sera prolongé certainement plus tard.)

Il est temps d'apprendre.

 

 

 

The wretched desert takes its form, the jackal proud and tight
In search of you, I feel my way, though the slowest heaving night
Whatever fear invents, I swear it make no sense
I reach through the border fence
Come down, come talk to me

In the swirling, curling storm of desire unuttered words hold fast
With reptile tongue, the lightning lashes towers built to last
Darkness creeps in like a thief and offers no relief
Why are you shaking like a leaf
Come on, come talk to me

Ah please talk to me
Won't you please talk to me
We can unlock this misery
Come on, come talk to me

[Chorus 1:]
I did not come to steal
This all is so unreal
Can't you show me how you feel now
Come on, come talk to me
Come talk to me [x2]

The earthly power sucks shadowed milk from sleepy tears undone
From nippled skin as smooth as silk the bugles blown as one
You lie there with your eyes half closed like there's no-one there at all
There's a tension pulling on your face
Come on, come talk to me

Won't you please talk to me
If you'd just talk to me
Unblock this misery
If you'd only talk to me

[Chorus 2:]
Don't you ever change your mind
Now your future's so defined
And you act so deaf and blind
(And you act so deaf so blind)
Come on, come talk to me
Come talk to me [x2]

I can imagine the moment
Breaking out through the silence
All the things that we both might say
And the heart it will not be denied
'Til we're both on the same damn side
All the barriers blown away

I said please talk to me
Won't you please come talk to me
Just like it used to be
Come on, come talk to me
I did not come to steal
This all is so unreal
Can you show me how you feel now
Come on, come talk to me
Come talk to me [x2]

I said please talk to me
If you'd just talk to me
Unblock this misery
If you'd only talk to me
[Chorus 2]

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16 mars 2011

La rebellion dans la peau.

"Comment pourrais-je oublier tout ça ?

Je l’admirais avant pour son univers. Il avait une saveur particulière que je n’oublierai jamais.

Le temps me paraît long, si long, loin de lui. Son rejet, son silence, ses rires avec d’autres, sa complicité hors de moi … Tout cela me rend malade, tellement malade. Je ne veux peut-être que ce que je n’ai pas. Je sais en tous cas, qu’un an et demi après les premières déchirures, la plaie ne s’est toujours pas entièrement cicatrisée, le cœur se serre toujours quand son courant me traverse malgré moi.

Il me manque. La vie était tellement belle avec lui. J’avais l’impression d’avancer, j’étais comme portée, transcendée, revenue à l’innocence première. J’étais de nouveau pleine d’espoir, d’inspiration, de volonté, j’avais retrouvé la fougue de ma jeunesse qu’il me semblait avoir perdu quelques années avant.

Et puis, patatras.

 

Je me sens juste, si seule, malgré le fait que je sois avec la personne qui me comprend et qui me supporte de la plus belle façon qui soit.

Je n’ai toujours pas accepté que les choses sont mieux ainsi. Je n’ai toujours pas accepté la perte de ma dernière innocence. C’est allé trop loin pour que je la retrouve jamais.

 

Je l’ai aimé comme je n’ai jamais aimé personne. Notre rupture est celle qui m’a fait passer de l’état d’adolescente à l’état d’adulte, d’une petite rêveuse à une femme du monde, d’une étoile à un brin d’herbe.

 

Je suis parfois fatiguée d’avoir essayé d’être comme tout le monde, plus posée, plus mature, plus sobre, plus élégante, plus cultivée …

Je suis fatiguée d’avoir oublié d’être moi.

J’ai perdu la trace de celle que j’étais et que j’aimais, et cela ne l’a pas ramené, au contraire, cela ne fait qu’accentuer nos différences. Et je l’ai perdu. Pour toujours.

 

Quelle utilité y a-t-il à être quelqu’un de raisonnable quand sa créativité et ses émotions sont étouffées ? Ce monde, avec ses chiffres, ses objectifs, son stress, son impassibilité, ce monde n’est pas fait pour moi. Je ne peux m’en contenter.

 

Le passé est derrière moi, le bonheur est devant moi. Certes.

 

Mais où sont les neiges d’antan ?"

Posté par Pinku Usaghi à 18:08 - - Commentaires [1] - Rétroliens [0]
28 janvier 2011

Pour marquer un nouveau tournant dans mon histoire

Il y a tellement d'interrogations qui me traversent l'esprit.

La première étant : je me sens un peu seule dans mon caractère. Soit je pense des trucs trop compliqués pour les gens, soit je tombe dans le tragique, soit ... je ne sais pas. J'écrivais des belles choses, et des choses intéressantes, à l'époque. Maintenant il me semble que tout cela s'est enfui, je ne sais pas comment.

Il y a deux types de personnes: celles qui restent constantes tout le long de leur vie et mûrissent de manière plus ou moins uniforme, régulièrement, sans accroc majeur ; et celles qui ont l'impression que chaque changement est une révolution, que plus rien ne les rattache à leur passé et qu'elles ont connu plusieurs vies en une seule. Je fais partie de cette deuxième catégorie : j'ai la sensation d'être morte avant l'heure. Et non seulement d'être morte, mais aussi d'avoir ressuscité plusieurs fois. Est-ce que je suis un être libre ou un être brisé? La limite entre les deux ne se distingue pas si facilement. Mais surtout, qui a déjà vécu cela? Personne ne m'entend quand je parle de ce genre de sensations. La vérité, c'est que personne ne se pose de questions, personne ne veut se poser de questions. Alors, je sais, vous allez encore penser que j'écris des choses tristes, que je suis dépressive, que je ne veux pas me l'avouer...

Mais qui peut vraiment croire que la vie est une ligne droite? Qui peut vraiment se dire qu'il fera une chose de sa vie, et une seule? Qui peut vivre sans blâmer les autres, la Nature, l'Essence de la Vie même, de tout ce qu'il n'aura pas, n'aura jamais, ne sera jamais?
L'Homme ne sera jamais immortel, l'Homme ne sera jamais seul parmi la foule, l'Homme ne sera jamais parfait, l'Homme ne pourra jamais qu'essayer d'être. La richesse, la gloire, le pouvoir, la jeunesse, la vie, la famille, l'amour, tout cela va et vient, et repart, et revient, sous une multitude de formes différentes. Etre attaché aux choses qui nous entourent pour ce qu'elles nous apportent, se croire paré contre l'imprévisible, c'est se mettre des chaînes qui empêchent de sortir du trou au moment venu du changement, de la mort parfois de ces choses.

Accepter que la vie est changement, c'est s'ouvrir au changement et à toutes les possibilités de navigation calme et sereine même en eaux troubles. Le refuser et s'accrocher dans la réalité que nous nous créons, notre propre petite bulle, nos idées arrêtées et nos buts loin de toute réflexion (il ne faudrait pas remettre en question ce terrain connu dont la falsification pourrait ouvrir la voie à nos rêves), c'est courir le risque que la douleur poigne, et les regrets, et la frustration, et la colère, et la vengeance, et tout ce qui nous détruit de l'intérieur. Pourquoi perdre son temps à cela, quand nous n'aimons pas que les autres déchaînent leur colère sur nos petites personnes?

Cependant, il est si difficile d'accepter que mes anciens moi sont partis pour toujours. Parce que je les aimais bien, moi. Il me manque leur fraîcheur, leur audace, leur créativité, leur passion. Il y a toujours des bons et des mauvais côtés à l'évolution. Le mauvais côté auquel je fais face aujourd'hui, c'est d'avoir perdu une partie des bons côtés de l'époque. Je ne regrette cependant pas d'avoir perdu les mauvais. Mais si j'avais eu à choisir, je serais peut-être restée un peu plus imparfaite encore, et je n'aurais pas tout sacrifié... Il semble pourtant que je n'ai pas tout à fait décidé de tout cela. En tous cas pour les dernières mutations, je les ai plus subies que déclenchées.

Des regrets? Il semblerait. Je ne regarderai cependant pas la vie avec ingratitude. J'ose croire qu'il est possible de reconnecter les mondes et que je pourrai retrouver cette part de moi-même que j'ai perdue. haha, ce n'est pas pour rien que je rejoue à Kingdom Hearts en ce moment ><  et même si cela me rend un peu mélancolique, ce n'est pas de la déprime. Je suis en attente de jours meilleurs.

C'est peut-être cela que certains proches ont du mal à comprendre : la vie n'est pas un truc pas bon qu'on nous force à boire tous les jours... la vie n'est pas non plus une montagne russe subie entre l'hyperpositivisme et la dépression de bas étage ... la vie n'est pas non plus quelque chose qui est toujours en tendance à la hausse, comme si on allait progresser tout le temps ou presque une fois passé un certain cap de connaissances. Je suis passée par toutes ces visions. En ce moment, la vie c'est autre chose : intangible, mouvant, inexplicable, qui n'a pas de début ni de fin, dans lequel nous croyons maîtriser notre place alors que nous ne maîtrisons rien, et surtout, la règle de base : Toute ombre qui s'efface, c'est une lumière qui s'éteint aussi. Et les deux renaîtront ailleurs, et autrement. Il n'y a pas de lutte entre le Bien et le Mal. Il y a juste à faire que notre environnement profite le plus possible de la lumière et ne touche pas trop à l'ombre, mais il inévitable de plonger à certains moments dans l'obscurité.

Refuser que l'être humain doive souffrir pour comprendre certaines choses, c'est renier la part de vie qui est en nous, et c'est être complètement irrespectueux de nos différences. "Que celui qui n'a jamais péché jette la première pierre" deviendrait "que celui qui n'a jamais trébuché, ne s'est jamais trompé jette la première pierre". Chacun a son chemin, certains voient des choses que d'autres ne voient pas immédiatement, mais ont des capacités plus limitées que d'autres sur d'autres plans. Nous sommes tous différents, tous uniques, et personne n'est modélisable. C'est pourquoi chaque personne doit être aimée, respectée, pour ce qu'elle est. Tout sentiment négatif diminue le pouvoir d'être heureux. Encore faut-il vouloir le voir, et pas s'aveugler d'illusions de toutes sortes.

Je ne sais pas pourquoi je passe autant d'énergie à dire tout ça, à essayer de me justifier. J'aimerais que les autres le voient. J'aimerais mettre dans ce monde plus de beauté. J'aimerais juste, parfois, que les gens en qui je mets de l'admiration me comprennent, me supportent, me soutiennent. Mais il m'est si dur de ne compter que sur moi-même et de me battre envers et contre tous. Je n'ai pas l'habitude de me dire que j'ai raison. Il y a du mieux, mais c'est encore un point qui mériterait d'être creusé.

Mmmh, je sens que certains vont encore m'asséner de "il faut/faudrait ..."

Je ne demande pourtant juste une chose : qu'on accepte que je sois moi-même. Tout comme j'essaie de le faire pour eux.

Ce n'est pas si compliqué, non?...

Posté par Pinku Usaghi à 17:17 - - Commentaires [0] - Rétroliens [0]